
(entre 33 et 34)
Mon père tomba malade soudainement en raison de lésions importantes au cerveau. Il passa d’un hôpital à un autre. Sa maladie faisait que, contre ses habitudes, il parlait sans cesse, même la nuit. Ses discours n’avaient pas de sens et abordaient les thèmes les plus variées : de ses voyages à l’étranger à l’apocalypse, du fonctionnement d’une machine aux insultes. Parfois il m’étonnait par des phrases qu’il faisait sortir de sa bouche, dont certaines je me suis permis de les transcrire sur ce tableau. J’ai noté quelques phrases particulièrement frappantes. Je lui répondais souvent et parfois on s’amusait ensemble sans savoir de quoi on parlait. C’était désormais le seul contact que je pouvais entretenir avec mon papa. Ensuite, obligé à rester collé au lit, il perdait de plus en plus de force jusqu’à s’éteindre dans mes bras après 9 mois de maladie. Ce fut sans doute le moment le plus fort de ma vie. Plutôt que la douleur j’étais étonné de ma réaction positive : j’étais content d’avoir vécu cette expérience à côté de lui et très soulagé de ne plus le voir souffrir.
Mon père tomba malade soudainement en raison de lésions importantes au cerveau. Il passa d’un hôpital à un autre. Sa maladie faisait que, contre ses habitudes, il parlait sans cesse, même la nuit. Ses discours n’avaient pas de sens et abordaient les thèmes les plus variées : de ses voyages à l’étranger à l’apocalypse, du fonctionnement d’une machine aux insultes. Parfois il m’étonnait par des phrases qu’il faisait sortir de sa bouche, dont certaines je me suis permis de les transcrire sur ce tableau. J’ai noté quelques phrases particulièrement frappantes. Je lui répondais souvent et parfois on s’amusait ensemble sans savoir de quoi on parlait. C’était désormais le seul contact que je pouvais entretenir avec mon papa. Ensuite, obligé à rester collé au lit, il perdait de plus en plus de force jusqu’à s’éteindre dans mes bras après 9 mois de maladie. Ce fut sans doute le moment le plus fort de ma vie. Plutôt que la douleur j’étais étonné de ma réaction positive : j’étais content d’avoir vécu cette expérience à côté de lui et très soulagé de ne plus le voir souffrir.