
Pour moi cela a été toujours un lieu sacré, cette pièce. Tout objet est resté fidèlement à sa place originaire, celle du temps ou mon père se rendait assidûment dans cette pièce de la maison à lui réservée, son bureau. Il était là pour travailler tous les jours, y compris les dimanches, après son petit déjeuner à 7h. Ingénieur libre professionnel, toujours en veste et cravate, lui. C’était souvent ma mère qui décidait de la cravate. Il parlait rarement de son boulot. On se parlait rarement. Je le sentais absent comme une ombre. Puis ce fut l’époque des dialogues sincères et courageux. Depuis j’ai plus de regrets. Aujourd’hui son absence le rend beaucoup plus présent : on se comprend, on s’accepte, bref, on est devenu des potes maintenant…